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14/04/2008
 
LA CHRONIQUE de Jean-Claude Julès
 
 

Lundi 14 avril 2008

Le nouveau maire de Narbonne, Jacques Bascou, s’installe à l’Hôtel de ville et a mené son premier conseil municipal véritable jeudi dernier.

Premier changement notable, la séance a eu lieu non plus en salle des Synodes, mais aux Consuls. La raison semble être que cette salle-là est au rez-de-chaussée, et que l’accès en est donc facilité.

Malheureusement, sa configuration ne facilite guère la vision générale pour l’assistance, le maire, par exemple, se trouvant masqué par un pilier pour une partie du public. Mais rien n’est parfait.

S’il est beaucoup trop tôt pour juger de l’efficacité du nouveau maire, on commence à connaître ses intentions, qu’il dévoile peu à peu.

Ainsi, on a appris qu’une règle essentielle dans la nomination des adjoints et conseillers délégués sera le non-cumul des mandats.

On sera soit adjoint au maire, soit vice-président de la CAN, soit conseiller général.

Rappelons que à l’époque Nouveau Narbonne et Michel Moynier, on pouvait être à la fois maire, président de la communauté d’agglomération et conseiller régional, ou encore adjoint au maire, vice-président de la CAN et conseiller général, et cumuler à la fois les pouvoirs de la charge et les indemnités correspondant à ces postes. Tout en prêchant le non-cumul des mandats…

Cette nouvelle règle, si elle est appliquée réellement, me semble un progrès intéressant dans l’exercice de la démocratie.

Elle permet d’une part d’impliquer davantage de gens dans le travail qui relève des charges en question, et d’autre part, évidemment, elle implique que les intéressés s’y consacrent sérieusement, tant il est vrai qu’il est difficile d’être au four et au moulin.

J’attends toutefois de voir l’application véritable et effective de cette règle, car elle est totalement contraire aux mœurs politiques françaises.

Chez nous, même si la loi l’a un peu limité par la volonté du gouvernement Jospin, le cumul est parfaitement autorisé. Et ceci,  contrairement à la plupart de nos voisins européens.

Même en Italie, où pourtant la classe politique ne mérite guère d’être prise en modèle, on ne peut pas être maire et conseiller régional, et on est de toute façon limité à deux mandats.

En France, il est parfaitement admis d’être maire à vie. En plus, il est normal d’être à la fois maire et sénateur, ou maire et député.

Ce qui sera le cas de Jacques Bascou.

Celui-ci explique la contradiction et sa position personnelle sur le sujet en disant que le jour où le gouvernement proposera une loi interdisant ce cumul, il la votera. Ce qui, soit dit en passant, ne semble pas se profiler actuellement.

En attendant, précise t-il, il n’y a pas de raison que beaucoup  de maires de grandes villes exercent ce cumul et pas lui, car il entend être à égalité avec eux.

Ce qui n’est pas faux, dans un pays où l’essentiel du pouvoir, politique, économique, culturel et médiatique est concentré à Paris, et où il donc fort utile d’avoir des accointances dans la capitale.

C’est dommage, mais c’est ainsi.

Même si , à Narbonne, Hubert Mouly a démontré pendant près de 30 ans qu’un maire qui n’est que maire, mais à 100 %, ça peut aussi être bénéfique pour une ville, et ainsi, Narbonne a déjà une forte tradition dans ce domaine.

Dans le Narbonnais au moins, le non-cumul des mandats est une idée qui fait son chemin, et cela ne peut que profiter au fonctionnement de nos institutions à l’échelon local. 

        


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