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21/04/2008
 
LA CHRONIQUE de Jean-Claude Julès
 
 

Lundi 21 avril 2008

Parmi les changements notoires intervenus à la suite des élections municipales à Narbonne, il y a celui-ci : depuis plus d’un mois, dans l’actualité locale, on n’entend plus parler de développement durable.

Après des années de ce qui était devenu quasiment une religion par la volonté du maire précédent, curieusement, on a presque une impression de vide.

Il faut dire que ce soi-disant développement durable nous était servi à toutes les sauces, jusqu’à plus faim ni plus soif.

A peine mettait-on une douzaine de bicyclettes au service des Narbonnais que l’on avait droit à une convocation en règle des médias narbonnais, et à quelques discours grandiloquents sur l’avenir de la planète.

Je précise que je n’ai rien contre ces quelques bicyclettes, au contraire, mais dans une ville qui doit compter plus de 20.000 voitures, qu’est-ce que ça représente ?

 D’autant plus que, si le jour de l’inauguration, on voyait bien quelques adjoints au maire donner trois tours de pédale devant les caméras et les photographes, ensuite, on n’en voyait plus un utiliser au quotidien ces libres vélos. Comme si eux-mêmes n’y croyaient pas !

A peine plantait-on quelques arbres sur un hectare ou deux que l’on entendait pérorer sur l’extraordinaire prouesse qui consistait à créer à Narbonne « un puits de carbone ». En langage vulgaire, ce qu’on nomme reforestation. Une fort bonne chose, au demeurant, qui mérite qu’on la pratique massivement, mais pas forcément qu’on en fasse les gros titres nationaux tant elle est banale.

A peine construisait-on une crèche pour les pitchous, fort utile et couramment  inaugurée dans toutes les villes de France et de Navarre, qu’on se faisait mousser et admirer en glosant sur « la crèche à énergie positive ». En oubliant de mentionner le surcoût et ce qu’on aurait pu faire avec l’argent qu’on aurait pu économiser.

A peine évoquait-on la nécessité d’urbaniser quelques terrains bien placés derrière le théâtre et proches du centre ville qu’on spéculait sur des projets futuristes et que la zone recevait l’étiquette  incontournable à Narbonne de quartier durable. Sans que personne n’ait jamais vraiment compris, ni expliqué, sa signification profonde. Avec, à l’esprit, pour notre climat méditerranéen, des modèles venus du nord de l’Europe.

A propos, que va devenir le gros aspirateur à ordures ménagères qui est en construction derrière le théâtre, et qui est censé représenter le premier maillon d’un réseau de collecte souterraine , selon la technologie suédoise de la société Envac? 

Je pourrais allonger la liste, mais à quoi bon ?

La notion de développement durable, de ce qu’on nomme « bon pour la planète », est incontestablement une dimension qu’il faut aujourd’hui prendre en compte…en pensant à nos descendants.

Mais d’abord, cela n’a aucun sens à la taille d’une commune. Le problème, on le sait, dépasse même l’échelle de la nation. Il est, véritablement, planétaire. Faire croire qu’on pourrait agir sérieusement et efficacement au niveau municipal est une mystification.

Et puis surtout, et c’est sans doute ce que n’a pas compris l’ancien maire de Narbonne, quand on a la charge d’une commune,  la priorité des priorités, pour reprendre une de ses formules, c’est d’abord de prendre en compte le bien-être des citoyens d’aujourd’hui.

Si en même temps on peut se soucier de celui des générations futures, tant mieux. Mais à condition de ne pas ramer à contre-courant.

Je disais au début de cette chronique que le développement durable, à la mairie de Narbonne, était devenue comme une religion.

Mais la religion, sans parler d’opium du peuple, n’est-ce pas ce qui a souvent permis à certains, pas forcément les plus sincères, de faire patienter ce même peuple, en lui expliquant que dans l’immédiat, et dans la vie actuelle, on ne pouvait pas grand chose pour lui. Mais que, s’il savait patienter dans la docilité, à l’avenir, dans une vie future, alors tout serait rose.

Seulement voilà,  de nos jours, le peuple est impatient.



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