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15/03/2010
 
LA CHRONIQUE de Jean-Claude Julès : lundi 15 mars 2010.
 
 

Eh bien non, je n’évoquerai  pas  aujourd’hui les élections régionales puisqu’elles sont en cours et que le principe même de cette chronique, c’est de prendre du recul et le temps de la réflexion par rapport à l’actualité.

Je crois, par contre, utile de revenir sur les inondations qui ont eu lieu sur la Côte Atlantique, et principalement en Vendée.

Car ce qui s’y est passé a dû rappeler de fort mauvais souvenirs à certaines personnes dans la Narbonnaise, mais aussi, hélas, a démontré que les mêmes erreurs et la même irresponsabilité engendrent les mêmes conséquences dramatiques que ce soit ici ou ailleurs.

A savoir, si on construit en zone inondable, il y a fort à parier qu’un jour, on sera inondé. Et que si l’inondation est grave, si le niveau de l’eau est important, il y aura immanquablement des victimes.

A propos, il a été dit, ici, que rien n’avait été fait pour améliorer le sort des foyers exposés aux inondations de l’Aude.

C’est faux, heureusement. Ce qui est peut-être vrai, c’est que les gens concernés trouvent que ça avance trop lentement. Mais il est bon quand même de rafraîchir les mémoires.

A la suite des inondations de janvier 2006, les x-ièmes, pourrait-on dire, pour une fois, une ministre avait engagé une succession de travaux conséquents, dont certains ont été réalisés. Par exemple, la mise en transparence du pont de chemin de fer à Sallèles. D’autres sont prévus, des expropriations sont en cours à Cuxac, au lieu-dit les Garrigots, là justement où il y avait eu des noyés en  novembre 1999.

Et, vu la rareté de telles actions d’envergure, il me semble décent de rappeler le nom de la ministre en question, Nelly Ollin. Si, comme on peut l’espérer, les prochaines crues de l’Aude sont moins dramatiques, les habitants de cette zone pourront la remercier.

Mais revenons à la Vendée, pour constater que là-bas aussi, on a construit massivement en zone inondable, en vertu du syndrome de la mémoire courte et du gain immédiat.

Car évidemment, là comme ailleurs, on savait très bien que ces zones étaient inondables, même si, par ailleurs, on faisait semblant de croire que la protection des digues était parfaite. Mais en oubliant que des digues, d’une part, ça s’entretient régulièrement, et il faut y mettre le prix, et par ailleurs, le risque zéro n’existe nulle part.

Alors, comme souvent dans ce pays de France où la responsabilité est collective, autant dire, inexistante, des générations d’élus, de passage comme tous les élus, ont accordé des permis de construire à gogo en sachant pertinemment qu’il y avait danger, mais sans se soucier des lendemains.

 

Et comme si la situation n’était pas assez dramatique, voilà que le vocabulaire et les noms se mettent à ironiser.

Le Canard Enchaîné rappelle fort à propos que dans le département de la Vendée, un ingénieur avait il y a peu, rédigé et publié un rapport mettant en exergue le danger potentiel incontestable de ces constructions en zone inondable.

Une des communes aux lotissements construits estimés les plus dangereux s’appelle …La Faute-sur-Mer ; ça ne s’invente pas !

Quant à l’ingénieur de la direction départementale de l’équipement,  là encore, la réalité dépasse cruellement la fiction : ce monsieur, qu’on s’est bien garder d’écouter, s’appelle Stéphane… Raison !

           


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